La guerre s'invite dans le couple
Que vous ayez des enfants ou non, vivre en couple en temps de guerre bouleverse les repères : sécurité, sommeil, travail, libido, rôles familiaux, manière de communiquer et d'éduquer. Cet article répond directement à la question : quels sont les défis du couple en période de conflit, avec et sans enfants, et que faire concrètement au quotidien pour protéger la relation, sans minimiser la réalité, ni culpabiliser.
Dans un contexte comme celui de Tel-Aviv (alertes, abris, incertitude, mobilisation, proches au front), beaucoup de couples oscillent entre solidarité intense et tensions explosives. L'objectif ici est de vous donner des repères simples, des outils pratico-pratiques et des signaux d'alerte pour savoir quand se faire aider.
Pourquoi la guerre fragilise (parfois) le lien de couple ?
Le système nerveux passe en « mode survie »
En situation de guerre, le cerveau privilégie la survie : vigilance, anticipation, réactions rapides. Résultat : on devient plus irritable, moins patient, plus contrôlant… ou au contraire plus évitant. L'OMS rappelle que « presque toutes les personnes exposées à une urgence vivent une détresse psychologique » (anxiété, tristesse, irritabilité, troubles du sommeil) qui peut s'améliorer avec le temps, mais qu'une partie développera des troubles plus installés.
Sur le plan populationnel, l'OMS estime qu'environ 22 % (1 personne sur 5) des personnes ayant vécu une guerre ou un conflit sur les 10 dernières années présentent des troubles tels que dépression, anxiété, PTSD, bipolarité ou schizophrénie. Les situations de guerre, tout comme d'autres expériences traumatiques, peuvent agir comme facteurs déclenchants, favorisant la décompensation ou l'apparition de troubles psychiatriques chez des personnes vulnérables.
Le couple devient à la fois refuge… et zone de décharge
Quand le monde extérieur est imprévisible, on se tourne vers le partenaire pour se rassurer. Mais c'est aussi sur lui que retombent :
- la fatigue chronique (nuits hachées, alertes, ruminations),
- la surcharge mentale (logistique, enfants, proches, informations),
- les divergences de « stratégies de survie » (l'un veut parler, l'autre se taire ; l'un veut s'informer, l'autre décrocher),
- les blessures anciennes réactivées (abandon, trahison, injustice, insécurité).
Défis du couple selon la configuration : sans enfants, avec enfants, ou séparés
Couple sans enfants : solitude émotionnelle, décisions lourdes, pression familiale
Sans enfants, la guerre ne « simplifie » pas la vie de couple : elle déplace souvent les tensions vers d'autres axes.
- Décider (ou non) d'avoir un enfant dans un contexte instable : des désirs divergents peuvent devenir des ultimatums (« maintenant ou jamais » / « pas dans ces conditions »).
- La comparaison (« d'autres souffrent plus, donc on n'a pas le droit d'aller mal ») qui empêche de demander de l'aide.
- La place des familles d'origine (parents anxieux, injonctions, conflits de loyauté, aide financière ou dépendance).
- Hyper-connexion aux informations : doomscrolling, réseaux sociaux, vidéos difficiles, d'où une montée du stress et des disputes répétitives.
Le risque fréquent : un couple « fonctionnel » en apparence, mais émotionnellement déconnecté (chacun encaisse de son côté).
Couple avec enfants : co-parentalité sous tension, culpabilité, épuisement
Quand il y a des enfants, la guerre ajoute une couche de responsabilité : tenir debout pour eux, parfois sans relais. Les sujets de friction les plus fréquents :
- Désaccords éducatifs en contexte de danger (rassurer ou dire la vérité, exposer ou protéger).
- Gestion des routines (sommeil, école, activités) quand la réalité perturbe tout.
- Répartition des charges : un parent en « pilotage automatique », l'autre en anxiété maximale.
- Impact émotionnel des enfants (colères, régressions, agitation) qui use le couple.
Couples séparés (mobilisation, réservistes, déplacements) : distance, peur et malentendus
Quand l'un des partenaires est mobilisé, en réserve (milouim), ou loin du domicile, la relation peut se tendre autour de :
- la gestion de la peur (peur de perdre l'autre, peur d'être seul),
- la charge du quotidien portée par celui qui reste,
- les styles de communication (messages brefs ou besoin de détails),
- la jalousie et le contrôle (une tentative de réduire l'incertitude).
Dans ces situations, le couple a besoin d'un cadre de communication (fréquence, sujets, limites) plus que d'une disponibilité émotionnelle « parfaite ».
Les disputes typiques en temps de guerre… et ce qu'elles révèlent
En consultation, beaucoup de couples décrivent des conflits récurrents qui se ressemblent. Les identifier aide à sortir du piège « on se dispute pour rien ». Souvent, la dispute parle d'autre chose.
- « Tu ne m'écoutes jamais » : besoin de sécurité, de reconnaissance, de co-régulation.
- « Tu dramatises / tu minimises » : deux stratégies de survie différentes (hypervigilance ou anesthésie).
- « Tu es sur ton téléphone » : tentative de contrôler l'incertitude par l'information.
- « Je fais tout » : surcharge, épuisement, sentiment d'injustice.
- « Tu n'as plus de désir » : stress, fatigue, anxiété, parfois symptômes traumatiques.
Repère utile : en période de menace, le problème n'est pas seulement ce qui est dit, mais l'état physiologique dans lequel c'est dit (tension, « montée », débordement).
Un plan concret pour protéger le couple au quotidien
1) Se mettre d'accord sur « ce qui est contrôlable » (et ce qui ne l'est pas)
Le couple se renforce quand il cesse de négocier l'in-négociable (la guerre) pour se concentrer sur des micro-choix :
- nos routines (repas, sommeil, sport),
- nos priorités familiales (enfants, proches, travail),
- notre manière de nous parler,
- nos limites (infos, réseaux, alcool, conflits).
2) Mettre en place un « brief » et un « débrief » (10 à 15 minutes)
Deux micro-rituels suffisent souvent à réduire les disputes :
- Brief : « Qu'est-ce qui est prévu aujourd'hui ? Qu'est-ce qui te stresse ? De quoi as-tu besoin de moi ? »
- Débrief : « Qu'est-ce qui a été dur ? Qu'est-ce qu'on a bien géré ? Qu'est-ce qu'on ajuste demain ? »
En temps de guerre, la prévisibilité relationnelle devient un anxiolytique puissant.
3) Encadrer l'information (sans tomber dans le déni)
Proposition simple : 2 fenêtres d'information par jour (matin et fin d'après-midi), et « zéro infos » dans le lit. Si l'un des deux a besoin d'être très informé, il peut ensuite faire un résumé en 2 minutes, factuel, sans vidéos.
4) Utiliser le « time-out » quand la discussion s'enflamme
Quand le corps est en surchauffe, on n'argumente plus : on attaque, on se défend, on fuit. Certains travaux de vulgarisation en thérapie de couple recommandent une pause d'environ 20 minutes pour laisser redescendre l'activation physiologique, avant de reprendre la conversation plus calmement.
La règle : on ne disparaît pas. On dit : « Je fais une pause, je reviens à telle heure ».
Une des techniques utilisées pour évacuer cette surchauffe, c'est d'écrire ce que l'on ressent lorsque l'émotion déborde, sans forcément envoyer le message. Cela permet d'évacuer la tension et de laisser retomber la colère, sans agir sous le coup de l'impulsivité. On peut ensuite relire ce que l'on a écrit, ajuster le ton et les mots, puis reprendre l'échange de façon plus constructive.
5) Protéger la tendresse (même si la sexualité est en berne)
Le désir baisse souvent sous stress : ce n'est pas un « manque d'amour », c'est un corps en alerte. Objectif réaliste : maintenir des gestes d'attachement (main, câlin, regard, gratitude) sans transformer chaque rapprochement en attente de rapports sexuels.
6) Clarifier les rôles et la charge mentale
En période de crise, un couple tient mieux avec une répartition explicite, même imparfaite. Faites une liste courte :
- qui gère quoi (enfants, courses, administration, proches),
- ce qui peut être « assez bien » (pas parfait),
- ce qui est non négociable (sécurité, sommeil, santé).
Quand il y a des enfants : parler de la guerre, rassurer sans mentir
Ce que les enfants perçoivent (même quand on ne dit rien)
Les enfants lisent l'ambiance : ils entendent les alertes, perçoivent le ton de voix, les silences, l'agitation, les messages reçus. Les réactions possibles : régressions, troubles du sommeil, irritabilité, maux de ventre, agressivité, hyper-attachement.
Plusieurs études récentes menées en Israël sur l'impact de la guerre sur les enfants montrent une augmentation significative des troubles psychologiques chez les jeunes exposés à un contexte de menace prolongée. Les recherches menées après les événements du 7 octobre 2023 indiquent une hausse des symptômes d'anxiété, de stress post-traumatique, de troubles du sommeil, d'irritabilité et de régressions comportementales, en particulier chez les jeunes enfants. Certaines études estiment que près de la moitié des enfants exposés présentent des symptômes compatibles avec un trouble de stress post-traumatique.
Les chercheurs israéliens soulignent également que ces enfants ne sont pas toujours confrontés à un traumatisme ponctuel, mais plutôt à ce qu'ils décrivent comme un « stress traumatique continu », lié à l'exposition répétée aux sirènes, aux alertes sécuritaires et à l'incertitude permanente.
Les travaux mettent toutefois en évidence plusieurs facteurs protecteurs importants, notamment la présence et le soutien émotionnel des parents, le maintien de routines quotidiennes (école, activités), ainsi que la possibilité pour les enfants d'exprimer leurs émotions et de parler de leurs peurs dans un cadre sécurisant.
Ce que les psychologues israéliens recommandent pour les enfants en temps de guerre
Ces recommandations viennent notamment de recherches israéliennes, de pédopsychiatres et de programmes utilisés dans les écoles.
1. Restaurer la prévisibilité. La première intervention consiste à recréer une routine stable : horaires réguliers, activités normales, école dès que possible. La rupture de routine est un facteur majeur de détresse chez les jeunes enfants.
2. Nommer les émotions. Les psychologues encouragent à verbaliser les émotions, normaliser la peur et éviter de minimiser. Exemple : « C'est normal d'avoir peur quand il y a des sirènes. »
3. Donner une information adaptée à l'âge. Expliquer simplement la situation, répondre aux questions, éviter les détails anxiogènes ou les images violentes.
4. Limiter l'exposition aux informations. Les enfants exposés aux images de guerre développent plus de symptômes : anxiété, cauchemars, hypervigilance.
5. Soutenir le sentiment de sécurité relationnelle. Facteurs protecteurs majeurs : présence des parents, contact physique, disponibilité émotionnelle.
6. Utiliser le jeu et les activités corporelles. Très utilisé en Israël : jeu symbolique, dessin, sport, respiration. Cela permet de traiter indirectement le trauma.
Trauma, PTSD et couple : comprendre l'onde de choc (sans se blâmer)
Quand le trauma s'invite dans la relation
Après un événement traumatique (ou une exposition prolongée), on peut voir apparaître : reviviscences, cauchemars, évitement, hypervigilance, irritabilité, engourdissement émotionnel. Dans le couple, cela se traduit souvent par : distance, disputes, perte d'intimité, sentiment de marcher sur des œufs.
Ce que dit la recherche (repères chiffrés)
Une méta-analyse (31 études) a trouvé des associations de taille moyenne entre symptômes de PTSD et « discorde conjugale » (corrélation vraie ρ ≈ 0,38) ainsi qu'entre PTSD et agressions physiques (ρ ≈ 0,42) et psychologiques (ρ ≈ 0,36).
Autrement dit : quand le stress post-traumatique monte, le couple a statistiquement plus de risques de se dégrader. Ce n'est pas une fatalité, mais le soutien et le soin du lien font partie de la prévention.
Thérapie individuelle ou de couple : les deux peuvent aider
Une revue systématique et méta-analyse (2022) indique que des thérapies individuelles et des thérapies de couple peuvent toutes deux réduire les symptômes de PTSD, avec en plus de petites améliorations significatives du fonctionnement relationnel.
Violence conjugale : un signal d'alarme, pas un « problème de communication »
Le stress n'excuse pas la violence. Si la relation comprend des menaces, humiliations, contrôle, coups, contraintes sexuelles ou peur au quotidien, il faut prioriser la sécurité.
Repères de santé publique
L'OMS estime que « près d'un tiers (27 %) » des femmes de 15 à 49 ans ayant été en couple déclarent avoir subi des violences physiques et/ou sexuelles de la part d'un partenaire intime.
ONU Femmes rappelle aussi que les violences dans la sphère privée peuvent aller jusqu'au meurtre : en 2024, environ 50 000 femmes et filles auraient été tuées par leur partenaire intime ou un membre de la famille, soit une moyenne d'environ 137 par jour.
Que faire en cas de danger (à Tel-Aviv / en Israël)
- Urgence immédiate : contactez les services d'urgence (police 100, Magen David Adom 101).
- Violence domestique : la ligne d'assistance du Ministère du Bien-être, le 118, est disponible 24h/24.
- Soutien émotionnel : pour les soldats et leurs proches, SOS Soldats propose une écoute francophone 24h/24 au 03-350 5050. ERAN (aide émotionnelle) répond 24h/24 au 1201 en hébreu.
Si vous lisez cet article depuis un autre pays, l'idée reste la même : ne restez pas seul(e) et contactez les dispositifs d'urgence et associations locales.
Comment se faire aider : thérapies à Tel-Aviv (ou à distance) en temps de guerre
Quand le couple n'arrive plus à « se réparer » après les disputes, que l'un des deux s'effondre, ou que la co-parentalité se dégrade, une aide extérieure peut faire gagner des mois de souffrance.
Les accompagnements possibles avec Carinne Leibovici
- Thérapie de couple : pour restaurer la communication, réduire les escalades, travailler la confiance, la sexualité, la co-parentalité.
- Thérapie familiale : utile quand les enfants « portent » la tension, ou quand les rôles explosent à la maison.
- Thérapie individuelle : anxiété, ruminations, épuisement, symptômes traumatiques, décisions difficiles.
- Consultations en ligne : quand se déplacer est compliqué, ou si l'un des partenaires est à l'étranger.
Les approches utilisées (selon vos besoins)
- TCC : outils concrets contre l'anxiété, les pensées intrusives, l'évitement, les crises de panique, les disputes répétitives.
- Psychodynamique : comprendre ce que la guerre réactive (peur d'abandon, trauma ancien, honte, culpabilité) et transformer les scénarios relationnels.
- Systémique : travailler les boucles interactionnelles (poursuite/fuite, critique/défense), la co-parentalité, les frontières avec les familles d'origine.
Carinne Leibovici est une psychologue clinicienne française installée à Tel-Aviv, avec plus de 15 ans d'expérience, et consulte en français, hébreu et anglais.
Repères pratiques : reconnaître, agir, consulter
| Situation fréquente | Signes typiques | Action « aujourd'hui » | Quand consulter ? |
|---|---|---|---|
| Disputes qui explosent vite | Cris, reproches, menaces de rupture, impossibilité de se calmer | Time-out cadré et débrief de 10 minutes le soir | Si cela dure plus de 2 à 3 semaines ou s'intensifie |
| Déconnexion émotionnelle | Silence, évitement, « colocation », perte de tendresse | Rituel quotidien : 1 question et 1 geste d'affection | Si l'un des deux se sent seul, non désiré, ou résigné |
| Enfants plus difficiles | Régressions, angoisses, troubles du sommeil, colère | Routine et temps de lien sans écrans | Si les symptômes empêchent l'école ou la vie quotidienne |
| Symptômes traumatiques | Cauchemars, hypervigilance, évitement, irritabilité | Limiter les déclencheurs et demander un avis professionnel | Dès que la souffrance devient envahissante |
| Violence ou peur | Contrôle, menaces, coups, coercition, terreur | Se mettre en sécurité, contacter urgences et lignes d'aide | Immédiatement (ce n'est pas un simple conflit) |
FAQ : couple en temps de guerre
Mon couple se dispute tout le temps depuis le début de la guerre : est-ce « normal » ?
Oui, c'est fréquent, mais ce n'est pas à banaliser. En période de menace, le stress augmente l'irritabilité, diminue la tolérance et rigidifie les positions (on veut « avoir raison » pour se sentir en sécurité). L'important est de voir si vous arrivez à vous réparer après la dispute : excuses, apaisement, retour du lien. Si les disputes deviennent quotidiennes, humiliantes, ou si vous n'arrivez plus à redescendre, une thérapie de couple peut vous aider à retrouver un cadre de sécurité relationnelle et des outils concrets.
Comment préserver la relation quand l'un des deux est réserviste ou souvent absent ?
Le point clé est de remplacer l'attente d'une disponibilité « idéale » par un accord clair : fréquence des messages, sujets à éviter quand l'autre est en mission, et un moment fixe de connexion quand c'est possible. Un couple tient mieux avec des rituels courts mais réguliers (même 5 minutes) qu'avec de longues conversations rares. Il peut aussi être utile de prévoir un « sas » au retour (repos, sommeil, décompression) avant d'aborder les sujets lourds. Si la distance crée jalousie, contrôle ou anxiété extrême, un accompagnement peut stabiliser le lien.
Que faire quand on n'est pas d'accord sur l'éducation des enfants pendant la guerre ?
La guerre peut accentuer les différences de sensibilité entre parents : certains souhaitent protéger et rassurer, d'autres préfèrent préparer et expliquer davantage. Plutôt que de chercher à avoir raison, l'objectif est surtout de donner à l'enfant un cadre cohérent et sécurisant.
Mettez-vous d'accord sur quelques points essentiels :
- Quoi dire à l'enfant : une information vraie, simple et adaptée à l'âge, sans détails inutiles ni images anxiogènes. L'enfant a surtout besoin de savoir ce qui se passe et ce que les adultes font pour le protéger.
- Quoi faire en cas d'alerte : clarifier à l'avance la procédure, les rôles de chacun et le chemin vers l'abri. Les enfants sont souvent rassurés quand ils savent exactement quoi faire.
- Comment gérer les écrans et les informations : limiter l'exposition aux images et aux chaînes d'information en continu, qui peuvent augmenter l'anxiété. Les enfants ont besoin d'être informés, mais pas immergés dans l'actualité.
Beaucoup de tensions parentales viennent d'un conflit entre « rassurer » et « préparer ». Ces deux approches ne sont pas incompatibles : l'un des parents peut davantage s'occuper de la logistique et des routines (horaires, école, organisation), tandis que l'autre peut prendre plus de place dans le temps de lien et de parole (jeu, écoute, verbalisation des émotions).
Enfin, si l'enfant montre une dégradation marquée et persistante (troubles du sommeil, anxiété intense, refus scolaire, crises fréquentes, repli), il peut être utile de consulter un professionnel afin de l'aider à traverser cette période.
J'ai perdu tout désir depuis la guerre : est-ce un signe que je n'aime plus mon partenaire ?
Pas forcément. Le stress, la peur, la fatigue et l'hypervigilance peuvent faire chuter le désir : le corps privilégie la survie. Dans beaucoup de couples, la tendresse peut rester un pont vers la reprise, sans pression de performance sexuelle. Essayez de protéger des moments de proximité non sexualisés (câlin, massage, douche chaude, paroles simples) et de réduire les facteurs aggravants (infos tard, manque de sommeil, alcool). Si l'absence de désir s'accompagne de dégoût, de dissociation, ou de symptômes traumatiques, un accompagnement individuel ou de couple est pertinent.
À partir de quand faut-il consulter un(e) psychologue en temps de guerre ?
- Vous ne récupérez plus (sommeil, crises d'angoisse, irritabilité).
- Le couple devient une source majeure de souffrance (disputes, retrait, menaces de séparation).
- Les enfants changent durablement (angoisses, agressivité, régressions).
- Vous suspectez un état de stress post-traumatique.
- Il existe de la violence ou de la peur dans la relation.
L'OMS rappelle que beaucoup ressentent une détresse psychologique en contexte d'urgence, et qu'une minorité développe des troubles plus durables : consulter tôt peut prévenir l'installation des symptômes.
Et maintenant ?
Si vous reconnaissez votre situation dans ces défis du couple en temps de guerre, avec ou sans enfants, vous n'avez pas à traverser cela seuls. Vous pouvez envisager une thérapie de couple, une thérapie familiale, ou un accompagnement individuel, au cabinet à Tel-Aviv ou en ligne. Pour démarrer, vous pouvez prendre rendez-vous ou passer par la page contact.
Un soutien gratuit 24h/24 en français, SOS Soldats, est disponible pour les soldats, réservistes et proches inquiets au 03-350 5050, dans une démarche de prévention du stress post-traumatique.
